Retour...

21 juillet 1831 - 20 juillet 1920

Felix Guyon : Médecin et créateur de l'urologie

Fils de Rose Delpit et de Jean Baptiste Casimir Guyon, Félix Jean Casimir vit le jour à l'île Bourbon le 21 juillet 1831, d'une mère créole et d'un père breton de Lorient qui se destinait à être chirurgien de marine.
La naissance de ce fils contraria ses ambitions et il ne termina pas sa thèse. Mais Félix reprendra plus tard le flambeau.


A l'âge de 3 ans, Félix Guyon, en compagnie de sa famille, rentre en France, à Cherbourg plus précisément. L'année suivante, Casimir Guyon soutient à Paris une thèse sur la fièvre intermittente observée à Madagascar. La famille ira s'établir à Nantes où mourut M. Guyon en 1844. Félix avait alors 13 ans. Mme Guyon continua d'élever ses quatre enfants, deux filles et autant de garçons, avant de s'éteindre à son tour à Nantes, en 1878.

DES ETUDES DE MEDECINE

Après des études secondaires, Félix s'inscrit à l'école de médecine de Nantes. Quelques années plus tard, il est externe à Paris. Encouragé par son grand-père, pharmacien en chef de la marine, il suit les cours des plus grands maîtres de l'époque : Roux, Aran et Velpeau. Par la suite, sous la direction de Velpeau, il présente sa thèse : une étude anatomique sur Les cavités de l'utérus à l'état de vacuité. Il épouse la même année sa cousine, Mlle Delpit, revenue de la Nouvelle-Orléans. Le couple s'installe dans une modeste maison de la rue Taranne. Dans les années soixante, Félix Guyon se présente à l'agrégation avec une thèse sur Les tumeurs fibreuses de l'utérus et, deux ans plus tard, il est nommé chirurgien des hôpitaux ; il a alors 31 ans.

L'HOMMAGE DE SA VILLE NATALE

Il prend en charge la maternité alors que le service de gynécologie est pratiquement inexistant. En 1867, Félix Guyon succède à l'hôpital Necker au docteur Civiale qui s'était spécialisé dans la lithotritie. Il se passionne pour cette nouvelle aventure médicale et sa renommée grandit. Quand l'empereur souffre d'un calcul, c'est à lui qu'on pense pour l'opérer. Ensuite la guerre voulue par l'impératrice en 1870 évitera ce qu'elle appelait " la chirurgie meurtrière " et différera l'opération. Et Guyon fit son devoir auprès des milliers de victimes anonymes. La guerre emportera le second Empire.
A la paix, il reprit ses études sur la pathologie urinaire, domaine où plus qu'ailleurs la chirurgie datait du Moyen Age. Il apporta des solutions chirurgicales aux infections vésicales et rénales et étudia les calculs, les tumeurs de la vessie et les maladies de la prostate. Ses recherches recueillent la reconnaissance universelle. Il devient le créateur de l'urologie moderne. L'école française de médecine accueillit chercheurs et médecins du monde entier.
Guyon exécutait une lithotritie en artiste en broyant la pierre la plus dure dans les temps les plus courts. En 1873, Félix Guyon succède à Dolbeau à la chaire de pathologie externe. En 1878, il entre à l'académie de médecine dont il fut plus tard le président. Et en 1892, Guyon entre à l'académie des sciences. En 1906, il part en retraite sur sa propriété de Louveciennes ou à Bot Conana en Bretagne. Frappé par des deuils multiples : son gendre, son disciple Albarran, son fils et sa femme, il se crut longtemps oublié de la mort. Mais il s'éteint le 20 juillet 1920, à la veille de son 90e anniversaire. Pour lui rendre hommage, son nom sera donné au Centre hospitalier départemental et à une rue de Saint-Denis, sa ville natale.

Florence Revel  



Gros plan : Hommage d'un petit fils : Pr Yves Felix Guyon
Passionné de son métier, Félix Guyon sortait peu. On le voyait bien rarement dans les loges des théâtres auxquels il était abonné. En revanche, elles étaient ouvertes à ses élèves, à ses amis et aux amis de ses amis. Toute la vie mondaine, si nécessaire à cette époque, reposait sur Mme Guyon, qui aimait beaucoup recevoir et qui, fort éclectique dans ses goûts, ouvrait ses salons non seulement aux collègues de son mari, savants qui n'étaient pas nécessairement ennuyeux, mais aussi à des artistes comme Sardou et Alexandre Dumas.