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Héros de Bazeilles

Le commandant Lambert

La caserne d'infanterie, située à l'entrée ouest de Saint-Denis, construite en 1848, porte le nom du Commandant Lambert. Le commandant et le futur général a donné son nom à la caserne dionysienne, où il a d'ailleurs servi. Il fut le héros de la bataille de Bazeilles, dont la résistance héroïque fut magnifiée par le tableau célèbre "Les Dernières Cartouches ".


La caserne Lambert est un édifice que l'on connaît bien, à la sortie ouest de Saint-Denis. Mais si elle est un point de repère pour nombre de Réunionnais, le commandant Lambert est malheureusement un parfait inconnu pour la majorité.
Arsène Lambert est né à Carhaix (Finistère) en 1834. Il passe sa jeunesse à la Réunion, où son père est ingénieur des ponts et des chaussées. Son grand-père était un ancien officier de l'Empire, ce qui a sans doute joué, quand Arsène Lambert a choisi à son tour l'uniforme. Lambert préfère opter pour l'infanterie de marine.

LA MAISON DES CARTOUCHES

D'abord sous-lieutenant, il s'illustrera au Sénégal, de février 1858 à novembre 1860. Il participe ainsi à plusieurs expéditions où dans l'une, il sera touché au poignet droit en octobre 1859. Fait lieutenant, il signera un traité avec le roi africain Fouta-Djalou qui permet à ce pays d'être sous la protection de la France.
Ce qui apport à la France et à Lambert beaucoup d'argent. Pour ces exceptionnels services rendus au pays, Lambert est fait chevalier de la Légion d'honneur à 26 ans. De retour en France, Lambert est directement envoyé à la Réunion du 19 mai 1863 au 28 août 1869. Commandant, Arsène Lambert est distingué pour son attitude au cours des émeutes à Saint-Denis de 1868. Mais c'est grâce à son héroïsme, lors de la bataille de Bazeilles, contre les armées allemandes, qu' il entre dans l'histoire en 1870. Le 28 août le Maréchal de Mac Mahon décide de se battre à Sedan et l'armée s'installe dans cette forteresse indéfendable.
Pour conserver une retraite possible il faut à tout prix garder Bazeilles. Dans la journée du 31 août le village assommé par un lourd bombardement ennemi commence son héroïque défense. A la tombée du jour Bazeilles paraît sauvé. Le 1er septembre les combats reprennent plus durs encore. L'infanterie de marine s'accroche désespérément. La retraite sonnée est digne de la défense. Autour de leurs officiers les marsouins sont maintenant 200 contre 20 000.
Bazeilles est encerclé par les Bavarois et les Saxons. A 50 mètres de la lisière du village une auberge isolée va devenir entre les mains des marsouins la Maison des Dernières Cartouches, celle qu'à immortalisée le peintre de Neuville. Les cent hommes qui restent au commandant Lambert organisent la résistance : " Ne gaspillez pas les cartouches ! Ne tirez qu'à bout portant " ! Hélas la réserve s'épuise tandis que l'ennemi tire au canon sur la maison. Lambert et ses hommes doivent finir par se rendre. Remis de ses émotions, le héros épousera le 14 mai 1870 une demoiselle de Lisle, mais elle n'avait rien avoir avec la Réunion, car elle était française d'origine cubaine.

CONTRE LA COMMUNE DE PARIS

L'année suivante, il marchera contre la commune de Paris et pénètre avec son bataillon dans Paris insurgé dans la nuit du 21 mai 1871. Pendant que la capitale est mise à feux et à sang, Lambert arrive à s'emparer des écuries de l'Empereur, du ministère des Affaires étrangères et du corps législatif. La prise du jardin des Palmes, de la place de Bercy ou encore l'occupation de la gare d'Orléans sont aussi l'œuvre de Lambert, parmi bien d'autres faits d'armes. C'est pour cela que pour sa " campagne intérieure " menée du 18 mars au 7 juin 1871, qu'il est nommé officier de la Légion d'Honneur. après avoir été commandeur de la Légion d'Honneur en juillet 1889. Il est par la suite fait général. Dix ans plus tard, il entre en politique et devient sénateur dans la ville où il est né : Carhaix. Grand officier de la Légion d'honneur, il aura mené à la fois une carrière de soldat, d'explorateur et de diplomate, en appartenant à de nombreuses sociétés, notamment celle des vétérans des armées de terre et de mer (comptant environ 70 000 membres). Sculpteur mais aussi écrivain, il a écrit d'ailleurs l'histoire après l'avoir faite. Véritablement éclairé, il côtoie des hommes de lettres, mais aussi des sculpteurs et des peintres et des explorateurs. Sans oublier les ministres, députés et sénateurs de son temps.

Florence Revel  



L'anniversaire de Bazeilles
L'anniversaire de Bazeilles est commémoré le 31 août de chaque année dans toutes les formations des Troupes de Marine, y compris à la caserne Lambert, de Saint-Denis.
A cette occasion le texe suivant est lu .
"" 1870, la France est en guerre, une partie de son territoire est envahi, Sedan menacé.
"Pour la première fois de leur histoire, Marsouins et Bigors sont regroupés pour prendre part à la lutte dans une même Division, la Division de Marine qui sera surnommé la Division Bleue.
"Commandé par le général de Vassoigne, elle est composée de deux brigades :
"- La première, général Reboul, est formé du 1er régiment d'Infanterie de Marine de Chebourg et du 4e de Toulon.
"- La deuxième, général Martin des Pallieres, comprend le 2e Régiment d'Infanterie de Marine de Brest et le 3e de Rochefort.
"Le 1er Régiment d'artillerie de Marine de Lorient fournit trois batteries. Rassemblée au camp de Chalons, elle rejoint la région de Sedan, après six jours de marche difficile sous la pluie.
"31 août, vers midi, la Brigade qui vient d'arriver sur les hauteurs à l'est de Sedan reçoit l'ordre de reprendre le village de Bazeilles, qui est une des clefs de la défense de cette place forte et dont vient de s'emparer l'ennemi.
"Le général Martin des Pallieres enlève sa troupe. L'ennemi est refoulé, mais sa supériorité en nombre et en artillerie lui permet, en multipliant ses attaques, de reprendre pied dans la localité. La mêlée est acharnée. Les pertes sont sévères des deux côtés. Le général est blessé et le village en feu.
"Vers 4 heures de l'après-midi, les nôtres ne tiennent plus que les lisières nord du village : c'est alors que la Brigade Reboul conservée jusque là en réserve est engagée à son tour.
"Avant la tombée de la nuit, Bazeilles est entièrement repris une nouvelle fois, au prix de combats acharnés.
(...)
"Alors commence entre les marsouins de la Division Bleue et le 4e Corps d'armé Bavarois, soutenu par le feu de 18 batteries d'artillerie, une lutte farouche.
(...)
"Tous témoignent de la même ardeur, du même courage, du même mépris de la mort et leurs rangs qui s'éclaircissent ne diminuent en rien leur volonté d'accomplir la mission qui leur a été fixée.
""Mais vers 16 heures, les munitions manquent et la poignée des survivants est submergée par le flot ennemi après avoir détruit ou fait disparaître ses aigles et des drapeaux. C'est ici que se situe l'épisode de la dernières cartouches.
(...) "