Retour
Saint-Denis, 
quartier du centre ville
Les premières années de Saint-Denis
La commune de Saint-Denis n'a pas toujours affiché les traits de prospérité et de richesse incarnés par les magnifiques cases créoles ou part ses grands bâtiments de pierre. Elle demeura longtemps une petite bourgade coloniale aux habitations précaires, faites de bric et de broc...


CARTE DE VISITE 
Saint-Denis, 
quartier du centre ville

Apparition
1667

Situation
côte nord, front de mer 

Nom des habitants
les dionysiens

Population 
131 557 habitants (recensement 1999)
 

Maire
Michel Tamaya

Adresse mairie
14, rue de Paris, 
tél : 40.04.04.
 

Commerces
Tous commerces.
 

Célébrités
Roland Garros, Juliette Dodu, Auguste Lacaussade, Félix Guyon, Bailly De Monthyon, l'Amiral Lacaze, Léon Dierx, Georges Fourcade, Jean Albany...
 

Patrimoine
la préfecture, les nombreuses cases créoles de l'époque coloniale et les anciens bâtiments de la compagnie des Indes
 


HISTORIQUE
Pour se replonger dans le contexte des origines dionysiennes, en 1667, une hougre de 60 tonneaux, le Saint-denis, jette l'ancre devant l'estuaire d'une rivière aussitôt baptisée : Rivière Saint-Denis. Deux ans plus tard, Étienne Regnault quitte Saint-Paul pour cette région nord où il fait construire son habitation sur un promontoire, ainsi qu'un magasin destiné à entreposer les marchandises de la Compagnie des Indes.
Le 2 juin 1671, Jacob de la Haye, Vice-Roy des Indes nomme De La Hure gouverneur de l'île dont il vient de reprendre possession, pose un moellon sur un plateau face à la baie, première pierre devant donner naissance à une forteresse. Celle-ci ne sera jamais réalisée... Jusqu'en 1735, Saint-Denis ressemblera à une bourgade de moyenne importance, le "cúur" de l'île étant Saint-Paul, la citée alors la plus peuplée et la plus développée. En devenant capitale, grâce à Labourdonnais, la ville entama une longue période de métamorphose et attira la bourgeoisie coloniale. En 1835, son maire, Bédier, fixe de nouvelles limites à la commune qui ne cesse de s'agrandir : à l'Ouest, le rempart de la Rivière, à l'est, la rue de l'Est, au Nord, la mer bien évidemment et au Sud, la rue Dauphine jusqu'au Ruisseau des Noirs en passant par le jardin du Roy. Au regard de cette surface, Saint-Denis semble bien petite comparée à son territoire actuel qui réunit au dernier recensement 131 557 habitants...

Bâtie en pierres avec une toiture de paille, avant 1676 par Pierre Hibon, maçon au service de la Compagnie des Indes, la "résidence" du gouverneur domine alors la rivière Saint-Denis à l'endroit même où, en 1668, Etienne Régnault s'installa. En 1708, la maison se compose de quatre chambres, d'un volumineux vestibule, à l'étage, d'un magasin, d'un grenier et autour deux petits magasins, une forge, une cuisine, une poudrière, un garde-manger. Un peu plus loin en contrebas, il y a également, sur les galets de la grève, une douzaine de cases faites de pieux et de feuilles de lataniers destinés aux esclaves. Le 'domaine" sera détruit en 1735 sur décision de Labourdonnais. 
À l'angle des rues du Mât-du-Pavillon et de la Victoire, se trouvent la Maison de la Compagnie et le Greffe. La ville commence enfin, le long du rivage et alentours, constituée de cases en bois avec une toiture de paille, sans étages pour mieux résister aux Ouragans (nom donné aux cyclones à l'époque). D'autres encore ne sont faites que de paille ou de branches de palmiers, habitations précaires abritant les colons les plus pauvres.
Ce n'est que quelques dizaines d'années plus tard que les véritables cases créoles", en ébène équarri  font leur apparition. Leurs fondations, d'une extrême simplicité, reposent sur une dalle de galets reliés entre eux, uniquement par de la terre ou du sable. Des tapis ou dans la plupart des cas, des nattes de vacoas recouvrent les sols. A cette époque, c'est-à-dire au XVIIIème siècle, les conditions de vie et les équipements sont quasiment les mêmes pour tous. 
Un pont débarcadère pour le transport des marchandises, une batterie de canons devant le Butor et au Cap Bernard, un fort à la Redoute accompagné d'une poudrière et une nouvelle église s'ajoutèrent après 1735, suivis à la fin du XIXème d'un nouveau débarcadère au Barachois, un collège royal, le Palais Colonial, l'hôtel de l'Intendance, l'hôtel de ville et de nombreux bâtiments publics et administratifs... Pourtant, la ville qui ne cessera jamais de se développer, restera longtemps encore exiguë, aux rues tortueuses et étroites.